Les comitats de Bodrog et de Borsod à l’époque de la dynastie des Árpád étaient deux régions de la zone linguistique hongroise qui se trouvaient éloignées l’une de l’autre et qui avaient des caractéristiques différentes du point de vue de la géographie physique et humaine. Dans son étude, l’auteure examine principalement si ces différences se reflètent également dans le système des noms de communes qui peut être reconstitué à partir des données disponibles, et si oui, dans quelle mesure : ces différences concernent-elles la totalité du système des noms, ses proportions internes ; peut-on observer des procédés de dénomination propres à une région, ou les différences n’existent-elles que dans des sous-groupes plus petits ?
Le corpus des analyses se constitue à partir des données des noms de communes appartenant aux comitats de Bodrog et de Borsod, comme on les trouve dans le livre de György Györffy intitulé Az Árpád-kori Magyarország történeti földrajza [La géographie historique de la Hongrie à l’époque de la dynastie des Árpád] (1. Budapest, 1963). La première grande partie de l’étude est le dictionnaire historico-étymologique des toponymes des deux comitats. Les entrées du dictionnaire énumèrent les noms de communes avec l’orthographe authentique, ensuite elles présentent les explications communément admises des noms, et elles traitent également les questions de l’histoire des sons et de l’orthographe relatives aux données.
La deuxième partie du volume présente les résultats des analyses onomato-systématiques comparatives. La base de la catégorisation est le cadre d’analyses à plusieurs niveaux d’István Hoffmann (Helynevek nyelvi elemzése [Analyse linguistique des toponymes]. Debrecen, 1993), où les constatations de l’analyse étymologique et de l’analyse sémantique-fonctionnelle sont indiquées séparément. Le résultat fondamental de la comparaison est que les systèmes des noms des deux comitats à l’époque de la dynastie des Árpád sont similaires concernant leurs caractéristiques principales, et leurs proportions internes ne diffèrent pas significativement. Il y a pourtant une différence importante dans le groupe des noms d’origine étrangère et des emprunts ; or, la raison de cette différence peut être que le comitat de Bodrog aurait été ethniquement plus homogène lors de la formation du système des noms. Il y a des différences dans quelques sous-catégories aussi, par exemple, la proportion des noms de communes faisant référence à l’église du village dans le comitat de Bodrog est quatre fois plus élevée que dans le comitat de Borsod, différence qui peut être expliquée par des raisons liées à l’organisation de l’église et à l’histoire culturelle.