Dans son ouvrage, l’auteure présente les traditions de la dénomination du relief et l’usage des oronymes médiévaux ; en plus, elle cherche à montrer quels avantages l’onomastique et les sciences similaires (l’histoire en premier lieu) peuvent tirer de l’analyse des oronymes.
Le livre se compose de trois grandes unités. Dans les chapitres de la première partie, l’auteure présente les questions théoriques soulevées en relation avec l’analyse des oronymes. Premièrement, elle montre les différences des types d’oronymes qui sont significatives du point de vue de la linguistique et de l’histoire. Elle fait connaître également les difficultés de définir le terme « oronyme ». En examinant la question selon l’approche de la linguistique cognitive, nous pouvons facilement expliquer que les saillies appelées « montagnes » par les usagers des noms peuvent en fait correspondre à des formes du relief assez variées. Par conséquent, l’auteure utilise le terme « oronyme » au sens le plus large, pour tous les noms propres qui expriment une saillie considérée comme montagne par les usagers de la langue. Ce qui représente une difficulté au cours de l’élaboration du corpus des oronymes hongrois du Moyen Âge, c’est de déterminer où un nom commence et finit dans le texte latin. Pour en décider, il faut examiner les noms en tant qu’éléments d’un système de noms et en tant que parties de la charte qui contient leurs données, tout en explorant la tradition de l’usage des noms. Les données ultérieures relatives aux mêmes noms peuvent également aider à prendre cette décision. Pour conclure la partie théorique, l’auteure examine la relation entre les oronymes et d’autres types de toponymes.
Grâce au fait que les noms géographiques peuvent être facilement situés dans l’espace et dans le temps, ils peuvent être particulièrement bien utilisés non seulement dans les analyses onomastiques mais également dans les analyses de l’histoire des dialectes. Dans la deuxième grande unité du livre, l’auteure donne un aperçu des noms communs orographiques en tenant compte de leurs rapports étymologiques et sémantiques, et de leur distribution géographique tout en considérant leur fréquence élevée en tant que composants des noms.
Dans la troisième unité qui termine le travail, l’auteure fait premièrement l’analyse typologique des oronymes médiévaux sur la base du contenu sémantique et de la structure lexico-morphologique des noms, et finalement selon leur origine. La structure la plus courante est constituée d’un composant qui exprime une caractéristique et d’un nom commun orographique (Kerek-domb ’ronde colline’). Le plus souvent, c’est un toponyme (Dorog-hegy < nom de la commune de Dorog + hegy ’montagne’) ou un anthroponyme (Gyula halma < l’anthroponyme Gyula + halom ’monceau’) qui figure dans la première unité lexicale des noms constitués de deux parties. Il y a également un grand nombre d’oronymes empruntés à d’autres langues qui étaient utilisés par les Hongrois souvent sans être traduits (mais avec adaptation phonologique), par exemple, Papaj (< proto-slave *popelъ ’cendre’), qui est d’origine slave. Pour illustrer cela, l’auteure fait la présentation des couches linguistiques-chronologiques des oronymes hongrois du Moyen Âge par le corpus des noms de deux montagnes du nord de la Hongrie, situées loin l’une de l’autre.