Le volume présente les résultats d’une analyse onomato-systématique qui s’efforce d’ajouter de nouveaux aspects aux conclusions de nature ethnique provenant de l’analyse d’un recueil de noms anciens, après une étude de la relation entre un stock de noms multilingue actuel et les usagers des noms. Le corpus de l’analyse est un stock de toponymes actuels qui contient environ 13 000 données recueillies dans le district bilingue de Sásd et publiées dans le volume Baranya megye földrajzi nevei [Les noms géographiques du comitat de Baranya] (1. Pécs, 1982). Le but principal de la présente étude est de révéler les rapports systématiques qui caractérisent le système des noms des régions bilingues allemandes-hongroises. Pour ce faire, le modèle analytique (la version étendue du cadre descriptif des toponymes d’István Hoffmann (Helynevek nyelvi elemzése [Analyse linguistique des toponymes]. Debrecen, 1993), fondant les descriptions, peut être un point d’appui dans l’exploration des tendances générales, plus précisément, dans l’examen des relations entre les stocks de noms bilingues, et également dans l’utilisation historico-démographique du répertoire des noms des anciennes époques moins bien documentées.
Les résultats fondamentaux de l’analyse du stock de noms sont les suivants. 1. La valeur marquant l’origine ethnique des noms des différents types de dénotatums est variable : les noms de communes sont les moins appropriés aux conclusions démographiques, tandis que les noms de frontières et les hydronymes utilisés dans les communes plus petites ont une valeur plus fiable pour marquer leur origine ethnique. 2. Les toponymes d’origine étrangère n’indiquent pas directement l’origine ethnique même dans le cas des micronoms : si — dans les recherches sur l’histoire de la population — nous nous appuyons uniquement sur l’origine des noms pour tirer des cocnlusions concernant l’appartenance ethnique de la population, nous pouvons aller dans la mauvaise direction. Par exemple, dans le district de Sásd, la présence des populations hongroise et allemande se reflète clairement dans le stock de noms, mais dans le répertoire des noms, nous pouvons également trouver les traces d’une ancienne communauté slave, quoique les Slaves aient vécu dans une seule commune au moment de l’enregistrement des données. Ce phénomène souligne le danger de la confusion entre le donneur des noms et l’usager des noms. 3. L’analyse du système des noms actuel indique que la proportion des emprunts est notablement influencée par les relations de prestige sociale : les hautes couches de la société jouent un rôle moteur dans la dénomination, tandis que les usagers des noms ayant moins de prestige ont tendance à emprunter les toponymes déjà existants. 4. Les systèmes de noms des régions bilingues qui sont liés à une langue donnée ne sont pas indépendants les uns des autres. La naissance des nouvelles dénominations peut être motivée par les nombreuses caractéristiques du dénotatum et également par la dénomination déjà existant dans l’autre langue.
Le dernier chapitre du volume applique les conclusions tirées de l’analyse du stock de noms actuel à l’analyse d’un stock de noms de la période de l’ancien hongrois des points de vue linguistique et historico-démographique.