L’auteur a traité le corpus des toponymes de la période de l’ancien et du moyen hongrois d’un comitat nord-est de la Hongrie historique. La base de l’étude contient presque 2 000 données.
L’objectif premier de la recherche était de démontrer à quelles ethnies le caractère linguistique des toponymes du comitat fait référence, et comment ces ethnies peuvent être situées dans le temps. L’auteur a consacré beaucoup d’attention à éclairer les racines et l’évolution ultérieure du contact entre les Slaves et les Hongrois. Il a également analysé les ethnies moins importantes dans la région. L’autre objectif de l’analyse était de mesurer l’utilité de la collecte des toponymes anciens pour nos connaissances actuelles : peut-on reconnaître les signes spécifiques de certaines tendances que montreraient les types de toponymes du corpus pour préciser nos connaissances actuelles, et ce traitement systématique confirme-t-il les résultats d’autres domaines linguistiques ?
Dans le premier chapitre, l’auteur présente la naissance du comitat d’Ugocsa et les changements de sa géographie physique au moment la Conquête de la patrie et pendant la période qui l’a suivie. Dans le deuxième chapitre, il énumère les acquis des différentes sciences (science historique, archéologie, linguistique) concernant le passé du comitat, avec l’intention d’évaluer et de synthétiser leurs apports. Dans le troisième chapitre, il analyse le système toponymique d’Ugocsa de la période de l’ancien et du moyen hongrois selon des couches linguistiques d’origines ethniques différentes. Pour obtenir des résultats de recherche plus fiables, l’auteur divise le corpus en trois grands types de toponymes : les hydronymes, les noms de communes et les microtoponymes. Lors de l’analyse, il intègre les noms hongrois et les emprunts dans un système unitaire. Par exemple, les hydronymes Beberke (< slave : bebrъ ~ bobrъ ’castor’) et Hódos (< hongrois : hód ’castor’) de l’ancien hongrois ont dérivé de noms d’animaux, mais, dans la première phase de la dénomination, le premier mot fait partie de la couche des noms slaves, et le deuxième mot fait partie de la couche des noms hongrois. Dans le quatrième chapitre, l’auteur traite d’abord du classement des noms et des principes méthodologiques liés à ce classement ; ensuite il présente les propriétés onomato-systématiques du comitat à la période de l’ancien et du moyen hongrois. Au vu de l’analyse des phénomènes, les hydronymes constituent un groupe dominant du stock des noms de base pendant presque toute la période, tandis que le rôle des microtoponymes se renforce lors de la période du moyen hongrois. Dans le dernier chapitre, l’auteur résume les résultats de l’analyse.